Les paroles de la Lettre Testament sont pour moi des paroles d’un père à ses enfants, l’authenticité d’un père face à un projet qui voit le jour et qui doit encore aller de l’avant. J’y ai toujours contemplé le cœur de Guido Maria Conforti, ses sentiments, ses convictions et ses rêves. Je dois dire sincèrement que c’est au cours de mon noviciat que j’ai eu à lire le texte pour la première fois dans son entièreté et avec du calme. Avant ce moment, j’avais été en contact avec quelques parties du texte, sans toutefois m’y arrêter attentivement. Aujourd’hui, j’ai encore à l’esprit le moment où le maître des novices nous invitait à nous confronter personnellement avec les paroles de la Lettre Testament et sous le regard du Fondateur, disait-il, faisant référence au portrait de Saint Guido Maria Conforti où l’on pouvait apercevoir – dans les salles du noviciat et dans d’autres communautés xavériennes par où je suis passé – qu’il nous embrassait, nous encourageait et nous accompagnait dans le choix que nous étions en train de réaliser.
Je dois confesser que je suis arrivé au noviciat avec des petites préoccupations au niveau personnel, nous en avons parlé en long et en large avec le maître, j’ai retrouvé ma sérénité et je me suis résolu aller de l’avant nonobstant le défi que cela représentait pour moi. C’est dans ce même contexte que j’ai relu les paroles de notre Fondateur, comme des paroles d’un père qui savait correctement la situation que je vivais en moi :
« puisque la vie apostolique unie à la vie religieuse est excellente sur tous les plans, le malin n’omet aucune tentative pour en éloigner ceux qui l’ont embrassée ou veulent l’embrasser. Il trouble l’esprit avec des doutes, le cœur avec des inquiétudes, l’imagination avec des fausses appréhensions, la volonté avec des découragements en exagérant les difficultés inhérentes à un tel genre de vie qu’il s’efforce de faire apparaitre comme étant impossible » (LT 3).
Je ne me suis pas résigné en ce moment-là, mais ce ne fut non plus le dernier épisode de découragement. Au cours des années qui ont suivi et dans des contextes divers, j’ai toujours su quel aurait été le conseil de Conforti et je cherche à le mettre toujours en pratique :
« … au moment du découragement ayons recours à Dieu par la prière, en confirmant notre détermination et en redoublant de fidélité dans l’accomplissement de nos devoirs, en nous rappelant les paroles de l’Apôtre qui devraient écarter de nous toute incertitude : ‘Que chacun demeure dans l’état où l’a trouvé l’appel de Dieu’ » (1 Co 7,20).
Ma prière de chaque jour, sans faire référence à aucune crainte en particulier, mais tout simplement conscient de la complexité du cœur humain, s’inspire depuis lors de cette et d’une manière croissante aux paroles de la Lettre Testament de notre Fondateur. Je ne cesse de demander la grâce de la fidélité. Non seulement fidélité au service du Règne, mais aussi fidélité à l’Institut au quel j’ai adhéré convaincu du rêve de faire du monde une seule famille dans le Christ.
Au fur et à mesure que les années passent, un verbe continue à attirer particulièrement mon attention : il s’agit du verbe aimer. C’est le mode avec lequel Conforti a choisi d’introduire le discours sur la profession de nos vœux. Ceci vibre encore en moi aujourd’hui et je suis convaincu qu’il est difficile de vivre la pauvreté, l’obéissance et la chasteté si elles ne sont pas d’abord aimées. Telle est la conviction sur laquelle j’ai encore envie d’exhorter ceux que je rencontre dans mon ministère de la formation. J’accueille encore les paroles de notre Fondateur, je désire ardemment les vivre et proclamer :
Aimons la pauvreté, elle nous rendra libres (cf. LT 4) ; aimons la chasteté et n’oublions pas un seul instant qu’autant ce trésor est sans prix, autant est fragile le vase qui le contient (cf. LT 5) ; aimons l’obéissance comme des instruments au service de Dieu. De notre esprit d’obéissance dépendra la vie, la vigueur et la prospérité de notre Famille (cf. LT 6).
Rien de tout ceci, selon moi, a été et sera fruit d’efforts personnels. Qu’il me soit permis de reprendre les paroles de Conforti, ses recommandations que je considère comme des vrais moyens pour une croissance dans la fidélité. Avec ces paroles, je pense pouvoir aussi exprimer mon impression de ce que serait l’application de la Lettre Testament dans la vie de notre Congrégation au quotidien. Ces sont des indications pratiques que, pour une grande partie, nous sommes arrivés à intégrer dans nos projets de vie personnels et communautaires. Du reste, un chemin est encore à faire :
- « Ayons constamment soin de vivre cette vie de foi qui doit être celle de l’homme juste… Elle doit nous amener à chercher e à vouloir la volonté de Dieu et non la nôtre. Et nous vivrons d’un tel genre de vie si nous prenons la foi comme norme incontournable de notre conduite, au point qu’elle façonne nos pensées, nos projets, nos sentiments, nos paroles et nos actes. Nous vivrons d’une telle vie de foi si nous maintenons le Christ présent à notre esprit en toute circonstance et si c’est lui qui nous accompagne partout où nous allons : à la prière, à l’autel, à l’étude, dans les différentes activités de notre ministère apostolique, dans les rencontres avec notre prochain, au moment du découragement, du chagrin et de la tentation…» (LT 7).
- « Il nous faut alimenter continuellement cette vie surnaturelle à travers tous les exercices de piété que nos Constitutions prévoient et d’autres encore que des circonstances déterminées pourront nous suggérer. N’omettons jamais notre méditation quotidienne, la lecture spirituelle, la visite au Très Saint Sacrement, la Confession, la prière du Saint Rosaire, l’examen de conscience, la retraite annuelle et la récollection mensuelle…» (LT 8).
Au moment où nous marchons vers la célébration de ce centenaire de la Lettre Testament de notre fondateur, je suis en train de conclure une période de deux ans ici à Rome. Elle n’a pas été pour moi une simple période d’études, mais une révision de vie et une consolidation de tout ce que je viens de souligner. Mais je dois dire aujourd’hui, pour terminer, que cette période a donné une nouvelle saveur à mon être xavérien et concrétise profondément en moi les paroles de Conforti au numéro 9 : Au-delà des programmes et contenus des cours, il a été question croissance dans la relation avec Dieu. Il a aussi été question de l’attention que j’ai apprise à cultiver à mon égard du point de vue humain comme du point de vue spirituel ; mais aussi de l’attention à cultiver à l’égard des frères qui forment avec moi, une seule et même Famille religieuse.
Notre Saint Fondateur a toujours supplié le Seigneur pour que règne en nous la concorde, l’unité d’esprit et de cœur. Qu’il lui plaise d’intercéder encore une fois pour nous, pour que cette concorde règne parmi nous, dans les circonstances qui sont les nôtres.
Et que notre Seigneur Jésus-Christ soit connu et aimé de tous !
Mbula Gilbert sx
Rome, 27 avril 2020
L'autenticità di un padre di fronte a un progetto
Le parole della Lettera Testamento (LT) sono per me le parole di un Padre ai suoi figli, l'autenticità di un Padre di fronte a un progetto che nasce e che deve ancora andare avanti. Vi ho sempre contemplato il cuore di Guido Maria Conforti, i suoi sentimenti, le sue convinzioni e i suoi sogni. Ammetto che è stato durante il mio noviziato che ho letto il testo per la prima volta nella sua interezza e con calma. Prima di quel momento ero entrato in contatto con alcune parti del testo, ma non mi ero mai soffermato con attenzione. Ricordo ancora il momento in cui il maestro dei novizi ci ha invitato a confrontarci personalmente con le parole della LT e, sotto lo sguardo del Fondatore - riferendosi al ritratto di San Guido Maria Conforti che avevamo nella sala delle conferenze - ha detto che ci stava abbracciando. Quella LT e quel ritratto ci hanno incoraggiato e accompagnato nella scelta che stavamo facendo.
Confesso che sono arrivato in noviziato con alcune piccole preoccupazioni a livello personale: ne ho parlato a lungo con il maestro, ho riacquistato la mia serenità e ho deciso di andare avanti nonostante la sfida che questo rappresentava per me. Fu in questo stesso contesto che ho riletto le parole del nostro Fondatore, come parole di un padre che conosceva perfettamente la situazione che stavo vivendo:
"Ma appunto perché la vita apostolica, congiunta alla vita religiosa è sotto ogni aspetto eccellente, il Maligno nulla lascia d'intentato per allontanarne coloro che l’hanno abbracciata, o la vogliono abbracciare. Turba la mente con dubbi, il cuore con ansie, la fantasia con false apprensioni, la volontà con scoraggiamenti, esagerando le difficoltà di un tal genere di vita, che cerca di mostrare impossibile" (LT 3).
In quel periodo, non mi sono rassegnato, ma non è stato nemmeno l'ultimo episodio di scoraggiamento. Negli anni che seguirono e in vari contesti, avevo presente quale sarebbe stato il consiglio di Conforti e cerco tutt’ora di metterlo in pratica:
"... Nel momento dello sconforto ricorriamo a Dio colla preghiera, rinnoviamo i nostri propositi e raddoppiamo la fedeltà nel compimento dei nostri doveri, richiamando alla nostra mente le parole dell’Apostolo, le quali dovrebbero allontanare da noi ogni incertezza: «Ognuno resti in quella vocazione, in cui fu chiamato» (1 Cor. VII, 20)” (LT 3).
Da allora, la mia preghiera quotidiana, senza fare riferimento a una paura in particolare, ma semplicemente consapevole della complessità del cuore umano, si ispira sempre più alle parole della LT del nostro Fondatore. Continuo a chiedere la grazia della fedeltà. Non solo fedeltà al servizio del Regno, ma anche fedeltà all'Istituto al quale ho aderito convinto del sogno di fare del mondo una sola famiglia in Cristo.
Con il passare degli anni, un verbo continua ad attirare la mia attenzione: è il verbo amare. Questa è la modalità con cui Conforti ha scelto di introdurre il discorso sulla professione dei nostri voti. Questo vibra ancora oggi in me e sono convinto che sia difficile vivere la povertà, l'obbedienza e la castità se non sono anzitutto “amati”. Questa è la convinzione su cui voglio ancora esortare coloro che incontro nel mio ministero di formatore. Accolgo ancora con piacere le parole del nostro Fondatore, desidero viverle e proclamarle:
Amiamo la povertà, ci renderà liberi (cfr LT 4); amiamo la castità e non dimentichiamo un solo istante che quanto è prezioso questo tesoro inestimabile, altrettanto è fragile il vaso che lo contiene (cfr LT 5); amiamo l'obbedienza come strumento al servizio di Dio. Dallo spirito di obbedienza in fine di penderà la vita,la forza e la prosperità della nostra Famiglia (cfr LT 6).
Nulla di tutto ciò, a mio parere, è stato e sarà il risultato di sforzi personali. Mi si consenta di ripetere le parole del Conforti, le sue raccomandazioni che considero un vero e proprio mezzo di crescita nella fedeltà. Con queste parole, penso anche di poter esprimere la mia impressione su quale sarebbe l'applicazione della LT nella vita quotidiana della nostra Congregazione. Sono indicazioni pratiche che, per la maggior parte, siamo riusciti a integrare nei nostri progetti di vita, personali e comunitari. Inoltre, un percorso resta ancora da fare:
- "Procuriamo sempre di vivere quella vita di fede, che deve essere la vita del giusto... ci porti cercare e volere il beneplacito di Dio e non il nostro. E vivremo di una tal vita, se prenderemo la Fede a regola indeclinabile della nostra condotta per guisa che informi i pensieri, le intenzioni, i sentimenti, le parole e le opere nostre. Vivremo di questa vita se in tutte le contingenze terremo Cristo innanzi agli occhi della nostra mente, ed egli ci accompagnerà ovunque, nella preghiera, all’altare, allo studio, nelle opere molteplici del ministero apostolico, nei contatti frequenti col prossimo, nel momento dello sconforto, del dolore e della tentazione...” (LT 7).
- "Dobbiamo però alimentare di continuo questa vita soprannaturale con tutte quelle pratiche di pietà che le nostre Costituzioni prescrivono e che le diverse circostanze del momento potranno suggerirci. Non lasciamo mai la meditazione quotidiana, la lettura spirituale, la visita al SS. Sacramento, la Confessione possibilmente settimanale, la recita del Santo Rosario, l’esame generale e particolare di coscienza, gli Esercizi Spirituali ogni anno, ed il ritiro mensile...” (LT 8).
Mentre ci prepariamo alla celebrazione del Centenario della LT del nostro fondatore, concludo un periodo di due anni qui a Roma. Non è stato solo un periodo di studio per me, ma una revisione della vita e un consolidamento di tutto ciò che ho appena sottolineato. Per concludere, sento di dire oggi che questo periodo ha dato un nuovo sapore al mio essere saveriano e incarna profondamente in me le parole del Conforti al numero 9: al di là dei programmi e dei contenuti dei corsi, si è parlato di crescita nel rapporto con Dio. Si è parlato anche dell'attenzione che ho imparato a coltivare nei confronti del punto di vista umano e spirituale; ma anche l'attenzione a coltivare verso i fratelli che formano con me una stessa famiglia religiosa.
Il nostro Santo Fondatore ha sempre chiesto al Signore che la concordia, l'unità di spirito e di cuore regnino in noi. Che egli possa continuare ad intercedere per noi, perché questa armonia prevalga tra noi, nelle circostanze in cui ci troviamo.
E che sia da tutti conosciuto e amato nostro Signore Gesù Cristo!
Gilbert Mbula sx
Roma, 27 aprile 2020
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