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"J'ai vu le Seigneur"(Editorial)

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« J’AI VU LE SEIGNEUR! »

À la base de la vie consacrée il y a la vie chrétienne, et à la base de la vie chrétienne il y a une rencontre avec le Seigneur. Marie de Magdala va annoncer aux disciples avec force et détermination : « - J’ai vu le Seigneur ! » (Jn 20,18). Cette rencontre a été déterminante dans sa vie. Elle était allée très tôt le matin voir l’endroit où on avait déposé le corps de Jésus. Elle pleurait. C’est à ce moment que Jésus ressuscité se présent devant elle en l’appelant par son nom : « - Marie ! ». Elle devient aussitôt disciple missionnaire. Il y a un avant et un après.

« À l’origine du fait d’être chrétien, nous dit Benoît XVI, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. » (cité par Pape François, EG, nº 7).

Cette première et fondamentale expérience a eu lieu dans un moment précis de notre vie, dans un contexte concret, avec des circonstances particulières. Cela a pu être comme un éclair, ou bien cela s’est passé dans la durée. Ce qui est évident c’est que chacun a été rejoint par le Seigneur d’une manière ou d’une autre.

Il nous faut de temps en temps nous arrêter « devant l’aube de la première heure, là où les espaces sont chauds de relation amicale, l’intelligence est menée à s’ouvrir au mystère, la décision détermine qu’il est bon de se mettre à la suite du Maître qui seul a les paroles de la vie éternelle (Jn 6,68) » (Réjouissez-vous, nº 4).

C’est vivre à nouveau « ‘la joie du moment où Jésus m’a regardé’, et évoquer le sens et l’exigence qui sous-tendent à notre vocation : ‘c’est la réponse à un appel et à un appel d’amour’ » (Réjouissez-vous, nº 4).

Cette première rencontre d’amour se renouvelle quotidiennement dans la fidélité à cette amitié que le Seigneur a engagée avec nous. Rester avec lui, demeurer, l’écouter, partager, ouvrir le cœur, reconnaître nos torts, accueillir les provocations qu’il nous lance, … « Si dans notre cœur, il n’y a pas la chaleur de Dieu, de son amour, de sa tendresse, comment pouvons-nous, nous, pauvres pécheurs, réchauffer le cœur des autres ? » (Réjouissez-vous, nº 6).

De la chaleur de cette rencontre amicale naît la joie de la mission. « C’est de la joie de la rencontre avec le Seigneur et son appel que jaillit le service de l’Église, la mission. » (Réjouissez-vous, nº 8).

Il ne faudrait pas qu’il nous arrive ce qui nous dit cette petite histoire de Anthony De Mello en Comme un chant d’oiseau : « Le mystique revenait du désert. ‘Dites-nous, lui demanda-t-on : à quoi ressemble Dieu ?’.

Mais comment pourrait-il jamais enfermer dans des mots ce qu’il avait expérimenté dans les profondeurs de son cœur ? Est-il possible d’enfermer la vérité dans des mots ?

Finalement, il leur donna une formule –combien gauche, combien inadéquate -, dans l’espérance que certains de ceux qui la lui avaient demandée puissent être tentés, grâce à cette formule, d’expérimenter eux-mêmes ce qu’il avait expérimenté.

On s’empara de la formule ; on en fit un texte sacré ; on l’imposa à tout le monde comme une croyance sacrée. On fit de grands efforts pour diffuser le texte à l’étranger. Certains donnèrent même leur vie pour cette cause.

Et le mystique fut attristé. Peut-être eût-il mieux valu qu’il ne parlât pas.

Et pape François d’ajouter : « J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus-Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui. » (EG 3)

 Fernando Garcia Rodríguez sx.

 


 

 « ¡HE VISTO AL SEÑOR! »

Al origen de la vida consagrada está la vida cristiana, y al origen de la vida cristiana hay un encuentro con el Señor. María Magdalena va a anunciar a los discípulos con fuerza y convicción: “¡He visto al Señor!” (Jn 20,18). Este encuentro ha sido decisivo en su vida. Había ido al sepulcro muy temprano. No encontrando el cuerpo de Jesús, llora. En ese momento, Jesús resucitado se presenta delante de ella y la llama por su nombre: “¡María!”. Al instante se convierte en discípula misionera. Hay un antes y un después de este encuentro con Jesús.

“En el origen de ser cristiano, nos dice Benedicto XVI, no hay un decisión ética o un gran ideal, es el encuentro con un acontecimiento, con una Persona, que da a la vida un horizonte nuevo y una orientación decisiva.” (cit por Papa Francisco, EG, nº 7)

Esta primera y fundamental experiencia tiene lugar en un momento preciso de nuestra vida, en un contexto concreto, en circunstancias particulares. Ha podido ser como un relámpago, o bien se ha extendido en el tiempo. Lo que es evidente es que cada uno ha sido alcanzado por el Señor de una manera o de otra.

Es necesario, por consiguiente, tomar un respiro y pararse “delante del alba de la primera hora, allí donde reside el calor de la relación amical, la inteligencia se abre al misterio, la decisión determina que es bueno y necesario seguir al Maestro que sólo tiene palabras de vida eterna (Jn 6,68).” (Alegraos, nº 4)

Se trata de vivir de nuevo “la alegría del momento cuando Jesús me ha mirado, y evocar el sentido y la exigencia que están a la base de nuestra vocación: la respuesta a una llamada de amor” (Alegraos, nº 4)

Este primer encuentro se renueva cotidianamente en la fidelidad a esta amistad que el Señor ha comenzado con nosotros. Estar con él, escucharlo, compartir, abrirle el corazón, reconocer nuestras fragilidades, acoger las interpelaciones que nos vienen de él, … “Si en nuestro corazón no hay el calor de Dios, de su amor, de su ternura, ¿cómo podemos, nosotros, pobres pecadores, calentar el corazón de los demás? (Alegraos, nº 6)

Del calor de este encuentro amical nace la alegría de la misión. “Es de la alegría del encuentro con el Señor y de su llamada que brota el servicio de la Iglesia, la misión.” (Alegraos, nº 8)

No habría que caer en la trampa de lo que nos dice este cuentecillo de Anthony de Mello en El canto del pájaro: “El místico volvió del desierto. ‘Dinos, le preguntaron, a qué se asemeja Dios?’

Pero ¿cómo podría encerrar en unas palabras lo que había experimentado en el profundo de su corazón? ¿Es posible encerrar la verdad en unas palabras?

Al final, les dio una fórmula, aunque imperfecta e inadecuada, con la esperanza de que algunos de los que le habían hecho la pregunta se decidiesen, gracias a esta fórmula, a experimentar por ellos mismos lo que él había experimentado

Al instante se ampararon de la fórmula e hicieron un texto sagrado. La impusieron a todo el mundo como una creencia sagrada. Hicieron un gran esfuerzo para difundirla en el extranjero. Algunos incluso dieron la vida por esta causa.

Y el místico se entristeció enormemente. Hubiese sido mejor no decir nada.”

Y el papa Francisco interpelando: « Invito a cada cristiano, allí donde se encuentra, a renovar hoy mismo su encuentro personal con Jesucristo, o al menos a tomar la decisión de dejarse encontrar por él.” (EG nº 3)

 Fernando Garcia Rodríguez sx.

Garcia Fernando sx
12 Février 2015
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