Le Royaume de Dieu
« Alors que Jean eut été mis en prison en prison, Jésus alla en Galilée et proclama la Bonne Nouvelle venant de Dieu :
- Le moment fixé est arrivé, disait-il, car le Royaume de Dieu s’est approché ! Changez de comportement et acceptez la Bonne Nouvelle ! » (Mc 1,14-15)
Jésus commence son activité annonçant le Royaume de Dieu. C’est l’objectif central de la mission que le Père lui a confiée. Ses paroles et gestes indiquent que « le Royaume de Dieu est déjà parmi nous ». Avec Jésus il a déjà commencé, même si la plénitude totale nous la verrons dans la demeure éternelle.
Parfois j’ai l’impression que le Royaume de Dieu est assez absent de notre langage. On en parle peu et pourtant c’est le cadre et l’horizon de la vie chrétienne. Notre histoire commence par là !
Je conçois la vie consacrée à l’intérieur du Royaume de Dieu. Il est la source et l’origine. On est consacré à Dieu et par conséquent à son projet d’amour pour l’humanité. Il est beaucoup plus large que l’Église.
Mais qu’est-ce que c’est le Royaume de Dieu ? J’aime beaucoup le texte de Isaïe 65, 17-25 : « Car je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, si bien qu'on n'évoquera plus le ciel ancien, la terre ancienne; on n'y pensera plus. Réjouissez-vous plutôt, et ne vous arrêtez pas de crier votre enthousiasme pour ce que je vais créer : une Jérusalem enthousiaste et son peuple débordant de joie. Moi aussi, je suis enthousiasmé par cette Jérusalem, et débordant de joie en pensant à mon peuple.
On n'entendra plus chez lui ni bruits de pleurs, ni cris d'appel. On n'y trouvera plus d'enfant mort en bas âge, ou encore d'adulte privé d'une longue vieillesse. Car ce sera mourir jeune que de mourir à cent ans, et qui n'atteindra pas cet âge sera regardé comme un maudit. Si mon peuple bâtit des maisons, il sera sûr d'y habiter ; et s'il plante des vignes, il sera sûr d'en profiter. Il ne bâtira plus pour qu'un autre en jouisse, il ne plantera plus pour qu'un autre en profite. Dans mon peuple on vivra aussi vieux que les arbres, et mes bien-aimés jouiront du travail qu'ils auront fait. Ce ne sera plus pour rien qu'ils se donneront de la peine, et ils ne mettront plus au monde des enfants pour les voir mourir. Car ils forment la famille de ceux que je bénis, eux et leurs enfants. Moi, je leur répondrai avant même qu'ils appellent ; ils n'auront pas fini de parler, que je les aurai entendus.
Le loup et l'agneau paîtront l'un avec l'autre. Le lion comme le bœuf mangera du fourrage. Le serpent, pour se nourrir, se contentera de poussière. On ne commettra ni mal ni dommage sur toute la montagne qui m'est consacrée, dit le Seigneur. »•
Je me rappelle le jour où j’ai découvert la beauté et la force prophétique de ce texte. C’était un beau jour de février à Gounou-Gaya (Tchad), lors d’une rencontre avec les agents du développement de la zone. On était ensemble avec la sœur Gaudalupe Albor, xavérienne. À partir de ce jour, le Royaume de Dieu pour moi c’est Is 65,17-25 : la joie, l’enthousiasme de Dieu en créant un ciel nouveau et une terre nouvelle où il y a la dignité humaine, où chaque personne peut jouir pleinement de la vie en communion avec ses frères et sœurs. Oui, c’est beau, très beau, superbe. On finit pour tomber amoureux. Comment ne pas adhérer à ce grand projet ? Eh oui, nous pouvons dire que Dieu est en train de réaliser avec nous le rêve de sa vie.
La vie consacrée à mon avis a du sens quand elle comprend d’abord le projet d’amour de Dieu et y adhère ensuite jusqu’à engager entièrement la propre vie.
En même temps le Royaume de Dieu est indignation, révolte, dénonciation contre tout ce qui va à l’encontre de la dignité humaine. Comment ne pas se révolter devant un enfant malnutri, devant une maladie impossible de soigner par manque de médicaments, devant un jeune en quête permanente d’emploi et qui n'arrive pas à le trouver, devant un émigré mort avant de trouver des conditions dignes de vie, devant les scandales de corruption, de la justice au service du pouvoir et devant un long etc… Il faut qu’il y ait de l’indignation ! C’est un bon signe du salut de Dieu !
La vie consacrée doit être un cri qui monte jusqu’au ciel. Là où il y a un consacré c’est Dieu lui-même qui est là. Non, la vie consacrée ne peut pas mettre à côté le Royaume de Dieu, ne peut pas s’en passer. Si elle le fait, elle sera comme le sel qui perd son goût. Et alors de quoi sera-t-elle signe ?
Je pense à une communauté xavérienne qui a le Royaume de Dieu comme centre de son PCV. Cela se voit dans un style de vie pauvre, engagé avec le milieu, en quête permanente des signes qui montrent que le Royaume de Dieu est en train de progresser ; dans la formation permanente à travers des lectures, des recherches, des échanges qui aident à comprendre mieux ce qui se passe dans le monde pour grandir dans un engagement solidaire ; dans le dialogue-rencontre avec ceux qui sont différents par rapport à la religion, culture, sensibilité, modes de vie…
C’est important à mon avis qu’un xaverien et par conséquent une communauté xavérienne ait comme référence les exclus de ce système qui contredit le projet de Dieu. Parfois je me dis et je me le répète qu’on ne peut pas tomber dans le piège de contredire avec notre manière de vivre notre consécration à Dieu. Et là nous devons nous aider les uns les autres.
Et le Royaume de Dieu est une tache. Quand Jésus libère des possédés, des aveugles, des muets, des boiteux, des paralysés, des lépreux, des riches… Il est en train de nous dire que la conversion est possible : on peut voir avec les yeux de Dieu, écouter le cri des plus faibles, devenir sensible devant la souffrance, marcher de nouveau avec joie, partager ce qui n’est pas nécessaire... Et il nous confie cette belle et extraordinaire mission. Comment ne pas remercier le Seigneur au plus profond de nos cœurs ?
Fernando García Rodríguez, sx
El reino de Dios
«Cuando arrestaron a Juan, Jesús se dirigió a Galilea a proclamar la Buena Noticia de Dios. Decía: ---Se ha cumplido el plazo y está cerca el reinado de Dios. Arrepentíos y creed en la Buena Noticia!» (Mc 1,14-15)
Jesús comienza su actividad anunciando el reino de Dios. Es el objetivo central de la misión que el Padre le ha confiado. Sus palabras y gestos muestran que « el reino de Dios está ya entre vosotros ». Con Jesús ha ya comenzado, aunque la plenitud total la veremos en el encuentro definitivo con el Señor.
A veces tengo la impresión que el reino de Dios está demasiado ausente en nuestro lenguaje. Se habla poco de él. Sin embargo, es el horizonte de la vida cristiana. Nuestra historia comienza con él.
Yo concibo la vida consagrada en el interior del reino de Dios. Él es el origen y fundamento. Somos consagrados a Dios y por consiguiente a su proyecto de amor para la humanidad. El reino de Dios es bastante más amplio que la Iglesia.
Pero ¿qué es el reino de Dios? Para definirlo no he encontrado otro texto mejor que Is 65, 17-25: «Mirad, yo voy a crear un cielo nuevo y una tierra nueva; de lo pasado no haya recuerdo ni venga pensamiento, más bien gozad y alegraos siempre por lo que voy a crear; mirad, voy a transformar a Jerusalén en alegría y a su población en gozo; me alegraré de Jerusalén y me gozaré de mi pueblo, y ya no se oirán en ella gemidos ni llantos; ya no habrá allí niños malogrados ni adultos que no colmen sus años, pues será joven el que muera a los cien años, y el que no los alcance se tendrá por maldito.
Construirán casas y las habitarán, plantarán viñas y comerán sus frutos, no construirán para que otro habite, ni plantarán para que otro coma; porque los años de mi pueblo serán los de un árbol y mis elegidos podrán gastar lo que sus manos fabriquen. No se fatigarán en vano, no engendrarán hijos para la catástrofe; porque serán la estirpe de los benditos del Señor, y como ellos, sus retoños. Antes de que me llamen yo les responderé, aún estarán hablando y los habré escuchado.
El lobo y el cordero pastarán juntos, el león como el buey comerá paja. No harán daño ni estrago por todo mi Monte Santo --dice el Señor--.»
Recuerdo muy bien el día en que descubrí la belleza y la fuerza profética de este texto. Fue un día de Febrero en Gounou-Gaya (Chad), durante un encuentro con los animadores del desarrollo de la zona. Estaba con Guadalupe Albor, javeriana. A partir de este día, el reino de Dios es para mí Is 65,17-25: la alegría, el entusiasmo de Dios creando un cielo nuevo y una tierra nueva donde reina la dignidad humana, donde cada persona puede gozar plenamente de la vida en comunión con los hermanos/as. Sí, es maravilloso, bello, atractivo, fascinante. Uno acaba enamorándose de él. Me atrevo a decir en lenguaje humano que Dios está realizando con nosotros el sueño de su vida
La vida consagrada tiene sentido en el proyecto de amor de Dios. Es necesario comprenderlo en primer lugar y enseguida acogerlo haciendo una opción de vida por él hasta la muerte.
Al mismo tiempo, el reino de Dios es indignación, revuelta, denuncia contra todo lo que mancha la dignidad humana. ¿Cómo no indignarse delante un niño malnutrido, de una enfermedad imposible de curar por falta de medicinas, de un joven en búsqueda permanente de empleo, de un inmigrante muerto antes de encontrar una vida digna, de los escándalos de corrupción, de la justicia que favorece a los poderosos, y de un largo etc. ¡Tiene que haber indignación!
La vida consagrada debe ser un grito que sube hasta el cielo. Allí donde hay un consagrado es Dios mismo quien está ahí. No, la vida consagrada no puede dejar de lado el reino de Dios. Si lo hace, será como la sal que pierde su gusto. Y si es así, ¿de qué será signo?
Pienso en una comunidad javeriana que tiene el reino de Dios como centro del PCV. Esto se ve en un estilo de vida pobre, comprometida en el contexto en el cual se encuentra, en búsqueda continua de signos que muestran que el reino de Dios está avanzando; en la formación permanente a través de lecturas, de búsquedas, de intercambios que ayudan a comprender mejor la situación real de nuestro mundo para crecer en un compromiso solidario; en el diálogo-encuentro con una amplia red de personas, instituciones, asociaciones diferentes en relación a la religión, cultura, sensibilidad, estilos de vida…
Es importante que un javeriano y por consiguiente una comunidad javeriana tenga como referencia a los excluidos de este sistema que dice no al proyecto de Dios. A veces me digo y me lo repito que no podemos caer en la trampa de decir no al proyecto de Dios con nuestra manera concreta de vivir nuestra consagración a Dios. Para ello es muy importante la ayuda fraterna.
Y el reino de Dios es una tarea. Cuando Jesús da de nuevo la vida a los poseídos, ciegos, mudos, sordos, cojos, paralíticos, leprosos, ricos,… está diciéndonos que la conversión es posible: se puede volver a ver a la manera de Dios, escuchar el grito de los más débiles, adquirir una sensibilidad ante el sufrimiento ajeno, caminar de nuevo con alegría y desenvoltura, compartir lo que no es estrictamente necesario,… Jesús nos confía esta bella y extraordinaria misión. ¿Cómo no agradecérselo en lo más profundo de nuestro corazón?
Fernando García Rodríguez, sx
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