(Ps 86,11)
C’est avec ces mots du roi David que j’aimerais partager l’état de mon cœur à la fin de deux années d’étude au Centre Saint Pierre Favre de l’université Pontificale Grégorienne. Deux ans au rythme particulièrement signé par une crise pour ne pas parler des crises autour d’une crise.
Ma gratitude va en premier lieu à Dieu qui est tout, dans mes capacités et dans mes limites. Il m’a voulu et m’a donné la vie qui reste un mystère à découvrir en sa présence. Mon pèlerinage vers sa perfection m’a porté à consacrer ma vie dans la Famille Xavérienne. Cette dernière ne m’a pas aidé seulement à discerner ma vocation chrétienne et missionnaire mais, m’a formé et, m’a offert cette expérience de formation interdisciplinaire. Ça a été un kαιρóς de me connaître plus profondément. À la fin cette expérience, je me retrouve psaume ci-haut indiqué pour la poursuite fidèle de ma consécration au service de la mission ad gentes.
En effet, j’ai fait un chemin de croissance et d’intégration de ma vocation chrétienne et missionnaire. Je reste marqué positivement, non seulement des contenus théoriques mais surtout de l’invitation à les confronter avec ma foi chrétienne dans la vie quotidienne en vue de les traduire en une praxis missionnaire. Ainsi, j’ai fait une expérience de relecture et intégration de ma sequela Christi qui a été enrichie par les différentes rencontres amicales au sein de notre Famille Xavérienne et dans l’ambiance universitaire.
Loin d’une évaluation fondée sur l’opposition ou antagonisme entre les moments fraternels (xavériens) et l’expérience académique, je trouve éloquentes et synthétiques les paroles de David dans le psaume 86 au verset 11 pour partager l’étant de mon âme. Mon expérience est une continuité et un prolongement de mon existence dans ce monde avec ses défis, ses opportunités. Cela m’a porté à la lecture plus assidue de mon intériorité. Je sens plus que jamais que, du don de Dieu qu’est la vie se prolonge son appel à Le connaître, à L’aimer pour mieux Le servir. Ma réponse quotidienne à cet appel devrait être un don conscient et libre de moi-même pour le service de mes frères et de mes sœurs. Devant ce mystère de double liberté (don gratuit de Dieu et ma réponse), je me suis senti dans le besoin permanent d’apprendre à lire les motions de mon cœur, à entrer dans ma conscience pour rencontrer Dieu en silence, connaître et faire seule sa volonté.
Mon expérience a été enrichie par la célébration du centenaire de l’approbation de nos Constitutions par le Siège apostolique et la Lettre Testament du saint Fondateur à ses fils présents et à venir (LT 11). Au rythme quotidien de ma vie individuelle et communautaire, des études et approfondissement de notre charisme, récollections et retraite, […], j’ai rendu grâce à Dieu pour le don de la vocation missionnaire et j’ai reconnu combien ce trésor que je porte avec mes faiblesses me demande de renouveler mon engagement de sacrifier mes énergies pour qu’Il soit connu et aimé de tous, notre Seigneur Jésus. Seul un cœur unifié est capable de faire un vrai discernement de la volonté de Père du Christ, « initiateur de la foi et qui la mène à son accomplissement » (…). En gros, je sens en moi le besoin d’intégration de l’humain avec le spirituel dans la dialectique permanente nourrie par la Prière, première activité du missionnaire, comme chemin de la formation des sentiments du Christ en moi.
Mon expérience a été une tension constante. Du début à la fin, entre l’apprentissage de la langue et l’insertion dans la nouvelle culture, les études universitaires et la vie communautaire, la peur de la pandémie et l’espoir de survivre. J’ai vécu une tension entre ce que je pensais et sa réalité, mes programmes et les surprises.
L’accompagnement personnalisé du Centre de consultation de la Grégorienne m’a permis de faire un voyage guide de mon histoire entre les hauts et les bas. Un exercice vers la redécouverte du moi, ma connaissance de soi dans mon histoire qui nécessite être relue et d’être intégrée. La lecture des motions intérieures jour après jour m’a aidé à tirer profit de tout événement qu’advient dans ma vie avec foi et espérance. Cet exercice de contact intérieur avec mon moi, bien qu’engageant a été une occasion de sentir le sens de se vider de soi-même pour se laisser combler de la grâce de Dieu (cf. Ph 2, 1-7)
J’ai compris afin de comptes que, pour être magnanime, pour faire de ma vie un don total à Dieu dans le service gratuit au milieu de mes frères et mes sœurs, j’ai besoin de revisiter mon cœur. Examiner ce qui me pousse au service missionnaire, ce qui fatigue ou facilite l’accomplissement fidèle de mes engagements. Le cœur est le centre de toute la vie. Avec mon cœur unifié, je serais capable de vivre serein dans le service, de soigner la vie fraternelle, d’être témoin et disciple-missionnaire dans l’aujourd’hui de la mission ad gentes. Pour cela, la tension entre mes désirs et la mission ad gentes reste un défi que je dois vivre comme cercle herméneutique de ma lutte pour la plus grande gloire de Dieu, mon salut et le salut de mes frères et de mes sœurs.
Père Saint, Tu me connais plus que moi-même
Enseigne-moi l’humilité de ton Fils pour ordonner ma vie
Donne-moi ton Esprit pour Te chercher avec un cœur unifié
Fait qu’en Te trouvant je Te porte aux autres avec joie.
“Unite my heart, Lord, so that I may fear Your name.
(Ps 86:11)
With these David’s words, I would like to share the state of my heart, at the end of my experience of two-year studies at Saint Pierre Favre Center, at the Pontifical Gregorian University. Two years at a pace particularly marked by a crisis, not to talk about crises around a crisis.
My gratitude goes first and foremost to God, who is everything to me, the Absolute and Master of history. He willed and gave me life which remains a mystery to be discovered in His presence. My journey to its perfection has led me to dedicate my life to the Xaverian Family. The latter not only helped me to discern my Christian and missionary vocation but also formed and offered me this experience of interdisciplinary formation. It has been a favorable time to know myself more deeply, within my capacities and limits. At the end of this experience, I find myself, from the aforementioned psalm, for the faithful pursuit of my consecration at the service of the mission Ad gentes.
Indeed, I have made a path of growth and integration of my Christian and missionary vocation. I remain marked positively, not only with the theoretical contents but above all with the invitation to confront them with my Christian faith in my daily life for the purpose of putting them into practice. Thus, I have had the experience of rereading and integrating my Sequela Christi enriched by the various friendly meetings in our Xaverian Family and the university atmosphere.
Far from an assessment based on the opposition or antagonism between fraternal (Xaverian) moments and academic experience, I find David's words in Psalm 86:11 eloquent and synthetic to share my soul’s state. My experience as continuity and extension of my existence in this world with its challenges and opportunities, has led me to read my interiority more diligently. I feel more than ever that, from the gift of God that is life, His call is extended to know and love Him in order to serve Him properly. My daily response to this call should be a conscious and free gift of myself for the service of my brothers and sisters. In front of this mystery of double freedom (free gift from God and my response), I felt a constant need to learn to read the motions of my heart, to enter my conscience so as to encounter God in silence, to know and do only His will.
My experience was enriched by the celebration of the one hundredth anniversary of the approval of our Constitutions by the Apostolic See and the Testament Letter of the Founder to his present and future sons (TL 11). In the daily rhythm of my individual and community life, studies and deepening of our charism, recollections, and retreats, […], I have been giving thanks to God for the gift of the missionary vocation. I have also been recognizing how much this treasure that I have been carrying with my weaknesses asks me to renew my commitment to sacrifice my energies so thatour Lord Jesus may be known and loved by all. Only a unified heart is capable of making a true discernment of the will of the Father of Christ, "the initiator of Faith and the one who leads it to its fulfillment" (…). In a nutshell, I feel within me the need to integrate the human with the spiritual in the permanent dialectic nourished by prayer - the first activity of the missionary- as a way of forming the feelings of Christ in me.
My experience has been a constant tension. From the beginning to the end, between language learning and insertion in a new culture, university studies and community life, fear of the pandemic, and the hope of surviving, I felt a tension between what I thought and its reality, my programs, and surprises.
The personalized accompaniment of the Gregorian Consultation Center allowed me to take a guided journey of my history between the ups and downs. An exercise toward rediscovering the Self, my self-knowledge in my life, which necessitates being reread and integrated. Reading inner motions day after day has helped me to avail myself of any event that arises in my life with faith and hope. This exercise of inner contact with my Self, albeit engaging, has been an opportunity to feel the sense of emptying oneself in order to let oneself be filled with the grace of God (cf. Phil 2: 1-7)
I have understood in the end that, in order to be magnanimous, to make my life a total gift to God in free service among my brothers and sisters, I need to revisit my heart and examine what impels me to the missionary service, what tires or facilitates the faithful fulfillment of my commitments. The heart is the center of all life. With my unified heart, I would be able to live serenely in service, nurture fraternal life, to be a witness and disciple-missionary in today’s mission ad gentes. For this, the tension between my desires and the mission ad gentes remains a challenge that I must live as a hermeneutic circle of my struggle for the greater glory of God, my salvation, and that of my brothers and my sisters.
Holy Father, You know me more than myself.
Teach me your Son's humility to order my life.
Give me your Spirit to seek You with a unified heart
Grant that in finding You I may announce You to others with joy.
“Tieni unito il mio cuore, o Signore, perché tema il tuo nome”
(Sal. 86, 11)
Al termine dei due anni di questa mia esperienza di studio presso il Centro San Pietro Favre della Pontificia Università Gregoriana, vorrei condividere il mio stato d’animo usando queste parole di Davide. Sono stati due anni marcati dalla crisi, per non dire delle crisi che si sono poi sviluppate attorno alla crisi.
La mia gratitudine va prima di tutto e soprattutto a Dio che è tutto per me, l’Assoluto e Signore della storia. Ha voluto darmi la vita, che rimane un mistero da scoprire alla sua presenza. Il mio percorso verso la perfezione mi ha portato a dedicare la mia vita alla Famiglia Saveriana. Questa non solo mi ha aiutato a discernere la mia vocazione cristiana e missionaria, ma mi ha anche educato ed offerto questa esperienza di formazione interdisciplinare. È stato un tempo favorevole per conoscermi più profondamente, con le mie capacità e limiti. Alla fine di questa esperienza mi ritrovo come nel salmo menzionato sopra, impegnato a vivere con fedeltà la mia consacrazione per il servizio della missione ad gentes.
Ho realmente potuto fare un cammino di crescita ed integrazione della mia vocazione cristiana e missionaria. Resto positivamente segnato non solo dai contenuti teorici, ma soprattutto dall’invito al rapportarli con la mia fede cristiana vissuta nel quotidiano e per porli in pratica. Così, ho fatto un’esperienza di rilettura ed integrazione della mia Sequela Christi, il tutto arricchito da molti incontri amichevoli nella nostra famiglia Saveriana e nell’ambiente dell’università.
Con la menzione del Salmo (86,11) di Davide non faccio una valutazione basata su opposizioni o antagonismi tra momenti di fraternità (Saveriani) ed esperienza accademica, bensì adotto una espressione eloquente e sintetica che bene esprime il mio stato d’animo. In quanto continuazione ed estensione della mia esistenza nel mondo, con le sue sfide ed opportunità, la mia esperienza mi ha portato a leggere la mia interiorità più diligentemente. Sento come non mai che, a partire dal dono di Dio che è la vita, la Sua chiamata si estende poi a conoscerlo ed amarlo al fine di servirlo nel modo migliore. La mia risposta quotidiana a questa chiamata deve essere un dono cosciente e gratuito di me stesso per il servizio dei miei fratelli e sorelle. Di fronte a questo mistero di una doppia libertà (il dono libero di Dio e la mia risposta), sento il bisogno costante di imparare a leggere i moti del mio cuore, per entrare nella mia coscienza e così incontrare Dio nel silenzio, per conoscerlo e fare solo la sua volontà.
La mia esperienza è stata arricchita dalla celebrazione del 100° anniversario dell’approvazione delle nostre Costituzioni da parte della Sede Apostolica e della Lettera Testamento del nostro Fondatore ai suoi figli presenti e futuri (LT 11). Nel ritmo quotidiano della mia vita individuale e comunitaria, negli studi e nell’approfondimento del nostro carisma, nelle meditazioni e nei ritiri, […] ho reso grazie a Dio per il dono della vocazione missionaria. Ho anche riconosciuto quanto questo tesoro che porto con le mie debolezze mi chieda di rinnovare il mio impegno a sacrificare le mie energie affinché il Signore Gesù sia conosciuto ed amato da tutti. Soltanto un cuore unito è in grado di fare un vero discernimento della volontà del Padre di Cristo, “autore ed perfezionatore della Fede” (…). Detto in poche parole, sento dentro di me il bisogno di integrare l’umano con lo spirituale in una permanente dialettica nutrita dalla preghiera – la prima attività del missionario – quale maniera per formare i sentimenti di Cristo in me.
La mia esperienza è stata una tensione costante. Dal principio alla fine, tra l’apprendimento della lingua e l’inserimento in una nuova cultura, tra gli studi universitari e la vita comunitaria, tra la paura della pandemia e la speranza di sopravvivere, ho percepito la tensione tra ciò che penso e la sua realtà, i miei programmi e le sorprese.
L’accompagnamento personalizzato offerto dal Centro di Consultazione alla Gregoriana mi ha permesso di fare un percorso guidato della mia storia tra alti e bassi. È un esercizio volto a riscoprire se stessi, una auto-conoscenza della mia vita, che abbisogna di essere riletta ed integrata. Il leggere i moti interiori, giorno dopo giorno, mi ha aiutato ad avvalermi con fede e speranza di ogni evento della mia vita. Questo esercizio di contatto interiore con se stessi, per quanto coinvolgente, è stato un’opportunità per provare un senso di auto svuotamento allo scopo di lasciarsi riempire dalla grazia di Dio (cf. Fil. 2, 1-7).
Alla fine, ho capito che per essere generoso, per fare della mia vita un dono totale a Dio nel servizio gratuito dei miei fratelli e sorelle, ho bisogno di rivisitare il mio cuore ed esaminare ciò che mi spinge al servizio missionario, ciò che stanca o facilita la realizzazione fedele del mio impegno. Il cuore è il centro di tutta la vita. Con un cuore unificato sarò in grado di vivere serenamente nel servizio, di nutrire la vita fraterna, di essere oggi testimone e discepolo-missionario nella missione ad gentes. Per questo, la tensione tra i miei desideri e la missione ad gentes rimane una sfida che io devo vivere come un circolo ermeneutico delle mie battaglie per la maggiore gloria di Dio, la mia salvezza e quella dei miei fratelli e sorelle.
Padre Santo, tu mi conosci meglio di me stesso.
Insegnami l’umiltà di tuo figlio per mettere ordine nella mia vita.
Dammi il tuo Spirito per cercarti con cuore unito,
Fa che trovandoti ti possa annunciare agli altri con gioia.
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